IA Day à PARIS: souveraineté, ambition mondiale et industrialisation de l’IA (MON retour terrain)
Une ouverture marquante : Octave Klaba et l’ambition mondiale
L’IA Day s’est ouvert avec une intervention forte d’Octave Klaba, CEO d’OVHcloud.
Son message était limpide : la France ne doit pas seulement produire de l’IA pour elle-même. Elle doit être capable de fournir des services au monde entier.
Un point m’a particulièrement marqué : aujourd’hui, Spotify est quasiment le seul acteur européen dont l’application est massivement utilisée à l’échelle mondiale.
Cela pose une question stratégique : où sont les champions technologiques européens capables de rivaliser globalement ?
L’IA représente peut-être cette opportunité.
Klaba ne parlait pas uniquement d’infrastructure, mais d’écosystème. Cloud, modèles, outils, services : l’objectif est clair, créer des briques exportables.
Octave Klaba et Guillaume Grallet au AI DAY 2026
Une France plus mature qu’il y a deux ans
Ce qui frappe, c’est la progression.
L’écosystème français ne se limite plus à quelques startups prometteuses. On observe :
une montée en compétence technique
des investissements coordonnés
des initiatives publiques et privées alignées
une volonté de souveraineté assumée
L’IA n’est plus un sujet “innovation”, c’est devenu un sujet industriel.
Les montants engagés sont importants, mais surtout structurés :
recherche, infrastructures, formation, soutien aux entreprises.
Ce qui change réellement en 2026, c’est la cohérence.
Le rôle clé des solutions no-code
Autre évolution majeure :
la démocratisation des outils.
Les solutions no-code intégrant de l’IA permettent désormais :
de créer des agents métier
d’automatiser des workflows
de connecter des bases de données
d’exploiter des modèles sans expertise technique avancée
L’IA sort des laboratoires.
Elle entre dans les PME, les ETI, les services publics.
Cela change complètement la dynamique d’adoption.
SEO, GEO et industrialisation : ma rencontre avec Michal Suski
Un moment particulièrement intéressant pour moi a été ma discussion avec Michal Suski, AI SEO speaker avec SurferSEO.
Ce que j’en retiens, c’est une évidence : les outils SEO traditionnels vont devoir s’intégrer pleinement dans les logiques IA.
Mais surtout, cette discussion m’a donné une idée très claire : industrialiser l’usage des données SEO via un RAG connecté à un PIM.
Concrètement :
Utiliser les données sémantiques issues d’outils comme SurferSEO
Les connecter à un Product Information Management
Alimenter un système RAG
Générer dynamiquement des contenus, réponses et optimisations contextualisées
Ce n’est plus du SEO artisanal. C’est du SEO industrialisé, piloté par la donnée produit.
Pour le GEO, c’est encore plus stratégique, les moteurs de réponse vont privilégier les contenus :
structurés
contextualisés
reliés à une base de données fiable
Le PIM devient alors un socle de vérité. Le RAG devient le moteur d’exploitation intelligente.
Cette rencontre m’a confirmé que le futur du SEO ne sera pas “plus de contenu”, mais meilleure orchestration des données existantes.
Michal Suski, avec une super présentation des exigences actuelles pour acquérir de la performance en GEO
Yann LeCun : retour en France et vision long terme
La conclusion de la journée avec Yann LeCun a donné une autre dimension à l’événement.
Le retour de LeCun en France n’est pas symbolique. Il incarne une ambition scientifique et stratégique.
Ses prises de position sont connues :
dépasser les modèles purement génératifs
construire des IA capables de compréhension plus profonde
aller vers des systèmes plus autonomes et raisonnants
Il insiste sur un point fondamental : nous ne sommes qu’au début.
Les modèles actuels impressionnent, mais ils ne représentent qu’une étape intermédiaire.
Ce discours apporte une perspective essentielle :
investir aujourd’hui ne signifie pas figer une technologie, mais construire une base pour les générations suivantes.
Yann LeCun nous parle de l’avenir de l’IA accompagné de plusieurs spécialistes
Ce que je retiens vraiment de l’IA Day
Avec du recul, l’IA Day n’était pas simplement une succession d’interventions ou de démonstrations technologiques. C’était un moment de clarification. Trois dynamiques profondes m’ont marqué.
Une ambition assumée de souveraineté et d’exportation
Le message porté dès l’ouverture par Octave Klaba ne relève pas du discours patriotique, mais d’une réalité économique :
si la France veut exister durablement dans l’IA, elle doit produire des services capables d’être utilisés à l’échelle mondiale.
Aujourd’hui, peu d’acteurs européens ont réussi cette bascule globale. L’exemple de Spotify est révélateur : c’est l’un des rares produits numériques européens adoptés massivement partout dans le monde.
La question posée implicitement lors de l’événement était simple :
l’IA peut-elle devenir le levier qui permettra à la France de faire émerger ses propres plateformes mondiales ?
Cela suppose :
une infrastructure solide
des modèles compétitifs
des outils industrialisables
une capacité à scaler rapidement
L’IA Day a montré que cette ambition n’est plus théorique.
Une industrialisation des usages plutôt qu’une fascination pour les modèles
Autre enseignement important : le discours a changé. Il y a encore peu, l’attention était centrée sur la performance brute des modèles. Aujourd’hui, la discussion porte davantage sur :
l’intégration dans les systèmes existants
la gouvernance des données
la sécurité
la scalabilité
le coût d’exploitation
Ce basculement est essentiel.
La valeur ne réside plus dans le modèle en lui-même, mais dans sa capacité à s’insérer dans un écosystème structuré.
C’est précisément ce que j’ai retrouvé dans mes échanges autour du SEO et du GEO : ce n’est pas l’outil qui fera la différence, mais l’architecture qui l’entoure.
Le passage d’une logique d’expérimentation à une logique d’orchestration
Ce qui m’a frappé également, c’est le niveau de maturité des discussions. On ne parle plus seulement de “tester un chatbot” ou “générer du contenu automatiquement”.
On parle désormais :
d’agents interconnectés
de RAG
d’industrialisation de bases de données
de structuration produit
d’automatisation pilotée
Cela signifie une chose :
les entreprises qui ont déjà structuré leurs données auront un avantage décisif.
Dans le cadre SEO, cela rejoint directement la logique PIM + RAG que j’évoquais. Un moteur de réponse intelligent connecté à une base produit fiable peut produire :
des réponses cohérentes
des contenus contextualisés
des optimisations dynamiques
une meilleure visibilité dans les moteurs génératifs
L’IA Day m’a confirmé que cette approche n’est plus expérimentale. Elle devient stratégique.
Une fenêtre d’opportunité pour les PME
Enfin, et c’est peut-être le point le plus encourageant : l’IA n’est plus réservée aux grands groupes.
Les solutions no-code et les outils plus accessibles permettent désormais à une PME :
d’automatiser ses processus
d’analyser ses données
d’améliorer son SEO
d’optimiser son service client
de gagner du temps opérationnel
La barrière technologique diminue. La barrière stratégique, elle, augmente.
Autrement dit, la différence se fera sur la capacité à penser et structurer, pas uniquement sur le budget.
Ce que cela change pour moi
Personnellement, cet IA Day m’a conforté dans une conviction : l’avenir n’est pas dans l’empilement d’outils, mais dans leur orchestration.
SEO, GEO, RAG, PIM, no-code, agents… tout converge vers une même logique : structurer la donnée, connecter les briques, piloter intelligemment.
L’IA n’est plus un effet de mode. Elle devient une discipline d’architecture. Et c’est probablement le véritable enseignement de cette journée.
Ma conclusion sur l’IA EN FRANCE
L’IA Day n’était pas un événement d’annonce spectaculaire. C’était un événement de consolidation.
Entre le message d’Octave Klaba sur la capacité à fournir des services mondiaux, a vision prospective de Yann LeCun, et les discussions stratégiques autour de l’industrialisation des données SEO via RAG et PIM, une chose est claire :
La France accélère. Mais l’enjeu n’est pas seulement technologique. Il est structurel.
L’IA ne sera pas gagnée par ceux qui parlent le plus fort. Elle sera maîtrisée par ceux qui savent organiser, connecter et industrialiser.
Et c’est exactement là que se joue la prochaine bataille.